Québec sapinage 01.
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VedetteDéfinition
sapinage(s) (n. m.) [API]

(Au singulier avec valeur de collectif, ou au pluriel). Conifères à aiguilles, regroupant surtout le sapin véritable (Abies), l'épinette (Picea) et la pruche (Tsuga); branches, rameaux, jeunes pousses de ces conifères.

Bois de sapinage(s). Feu de sapinage(s). Goût, odeur de sapinage(s). Abri de sapinage(s).

[État des données: avancé]
Citation(s)Référence(s)
L'Epinette rouge [«mélèze»] est d'un bois plus ferme & plus pesant, & fort propre à bastir; elle se dépoüille de ses fueilles en Automne, & les reprend au Printemps : ce qui n'arrive point aux autres sapinages. 1664, P. Boucher, Histoire veritable et naturelle, p. 43.

[archives et textes anciens]
Je connais des gens qui n'ont point de glacière et qui font d'excellent beurre. Ceux-là font refroidir leur lait, soit au moyen d'eau fraîche, soit en descendant les chaudières dans un puits [...]. Ils gardent également leur crême dans le puits, et ils entourent leur laiterie de sapinages pour empêcher le soleil d'y arriver. 1875, É. A. Barnard, Causeries agricoles, p. 84-85.

[études scientifiques]
Ils [les Amérindiens de la Côte-Nord] campent au pied des départs, imaginant tout le nécessaire, évitant le superflu... sans compter une belle brassée de sapinage pour faire un lit moelleux à leur rêve de chasseur ;... puisque toute la chasse repose sur le rêve. 1963, P. Perrault, Toutes isles, p. 178.

[littérature]
Dans les hauts de Boischatel, imagine un immense plateau, aveuglant de blancheur, avec ici et là des talles de sapinages clairsemés, et plus loin le bois dense qui s'étend jusqu'au pied de dix montagnes presque sans forme tellement elles ont les crêtes perdues dans la laine grise du ciel de janvier. 1980, J.-P. Filion, Cap Tourmente, p. 48.

[littérature]
Quand le vendeur s'est amené à la maison avec le sapin [...], j'étais tellement enivrée par la fraîche et merveilleuse odeur de sapinage qui venait de faire irruption dans la maison que j'ai oublié de demander aux hommes de couper le haut du sapin. 1992, L. Gagnon, dans La Presse, 23 déc., p. B3.

[presse, journaux, périodiques]
Commentaire linguistique
Mot de la langue commune qu'on ne relève pas dans les textes scientifiques, mais qui est fréquent dans les textes littéraires parce qu'il évoque diverses connotations positives, notam. associées à l'odeur.
Dérivé(s), composé(s) et mot(s) de même famille
sapin; sapinage; sapinette
Renvoi(s) onomasiologique(s)
annedda; buis; cèdre; cyprès; épinette; pruche; prusse; sapin; sapinage; sapinette
Origine
Innovation lexématique, syntagmatique, phraséologique à partir du français de référence.
Historique
Depuis 1664 (Boucher); dérive de sapin, mot qui pouvait lui-même avoir une valeur générique à l'époque de la Nouvelle-France. GuérinS est le seul dictionnaire de France à enregistrer sapinage dans son emploi canadien; il relève en outre le sens de «maison entourée de branches de sapins», qui n'est pas attesté au Canada et qui résulte sans doute d'une distraction à la lecture d'un contexte du type maison entourée de beaux sapinages (qu'on trouve par exemple dans ClapInv, s.v. sapinage).
Français de référence
Réalité propre
Emploi qui réfère à une réalité propre au pays ou à la région de la variété de français, ou qui en provient.
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