Québec buis 01.
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VedetteDéfinition
buis (n. m.) [API]

Nom donné à l'if du Canada (Taxus canadensis, fam. des taxacées), petit conifère rampant ressemblant au sapin, dont les colonies peuplent les forêts de l'est de l'Amérique du Nord et qui produit un fruit rouge charnu contenant une graine réputée toxique.



[État des données: avancé]
Variante(s) polymorphique(s)
buis traînard (hapax)
Citation(s)Référence(s)
Rien n'indiquait dans ces lieux le passage récent de l'homme. Les fougères, les quatre-temps, les buis, qui tapissaient la forêt, n'avaient point été foulés récemment. Tout respirait le calme de la désertion la plus complète. 1861, J.-Ch. Taché, «Trois légendes de mon pays», dans Les Soirées canadiennes, vol. 1, p. 90.

[littérature]
(Pour la variante buis traînard). De nouveau le Délié prend son escousse mais il échappe encore et, blasphémant, roule, les griffes terreuses et le museau vaseux, au fond des buis trainards [sic]. 1937, F.-A. Savard, Menaud, maître-draveur, p. 186-187.

[littérature]
– Virginie: Si chaque printemps on prenait une bonne tisane. – Gontran : Ah oui... de sept bois? – Virginie : Oh, mais pas nécessairement sept sortes de bois, Gontran. Mais une bonne tisane d'un mélange de branches de cerisier, de buis, de cormier, un peu de pruche et d'épinette rouge. [...] Les Anciens préparaient de cette tisane chaque printemps. [...] C'était un excellent purificateur du sang. 1942, A. Brassard, La métairie Rancourt, 22 avril, p. 5 (radio).

[radio-télévision]
On recueillait les branches de buis n'importe quand, sauf l'hiver parce que la neige les recouvrait. On trouvait le buis près des sapins, épinettes, érables. On prenait la branche dont on avait enlevé toutes les aiguilles, on la coupait en petits bâtons qu'on laissait bouillir dans l'eau. Puis on retirait du feu et on laissait refroidir. Certaines personnes préparaient cette tisane en laissant les aiguilles après la branche. L'important était la sève qui se dégageait de la tige lors de l'infusion. 1974, Trois-Rivières-Ouest (Saint-Maurice), AF, C. Raymond, ms. 12.

[enquêtes]
Commentaire linguistique
De nos jours, le mot paraît usité surtout par les ruraux et les forestiers.
Synonyme(s)
sapin traînard (en Acadie), buis de sapin (chez des spécialistes comme le frère Marie-Victorin et l'abbé L. Provancher)
Renvoi(s) onomasiologique(s)
annedda; cèdre; cyprès; épinette; pruche; prusse; sapin; sapinage; sapinette
Origine
Innovation sémantique à partir du français de référence.
Historique
Depuis 1861. Découle, par analogie, de l'emploi du mot en France (lequel est attesté depuis le XIIe s., v. TLF; v. aussi FEW b[API]xus 1, 666a) en raison de caractéristiques que partagent les deux arbustes. Le frère Marie-Victorin fait à ce propos l'observation suivante: «Il n'y a aucun rapport entre cet arbuste [l'if du Canada] et le Buis (Buxus sempervirens), qui n'existe pas en Amérique; aussi le nom de 'Buis' employé partout par les Canadiens français rappelle simplement le feuillage persistant et la petite taille communs aux deux plantes.» (v. MVictFlore-1 138). Buis traînard (1937) a été formé sur le modèle de sapin traînard (v. DomMen 43).
Étymon du FEW
buxus
Français de référence
Remarque(s)
En France, buis sert à désigner un arbuste (genre Buxus, fam. des buxacées) à feuilles persistantes et à bois dur, duquel on faisait autrefois divers petits objets (crucifix, poivrières, couteaux, peignes, etc.). De tels objets sont souvent mentionnés dans les inventaires de biens des XVIIe et XVIIIe siècles; ils avaient été apportés en Nouvelle-France par les colons puisque le buis véritable ne pousse pas en Amérique (v. Étymologie/Historique).
Réalité propre
Emploi qui réfère à une réalité propre au pays ou à la région de la variété de français, ou qui en provient.
#QU-516897