Québec perchaude 01.
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VedetteDéfinition
perchaude (n. f.) [API]

Petit poisson (Perca flavescens, fam. des percidés) des eaux douces de l'Amérique du Nord, à nageoires dorsales épineuses, aux flancs marqués de larges bandes verticales foncées, à chair blanche très estimée.

Filet de perchaude. La perchaude est l'un des poissons les plus pêchés au Québec, surtout en hiver.

[État des données: avancé]
Variante(s) polymorphique(s)
(par étymologie populaire) perche chaude (vieilli, rare), perchechaude (parfois)
Variante(s) graphique(s)
parchaude (parfois, d'après une prononciation populaire, v. Étymologie/Historique)
Citation(s)Référence(s)
(Pour la variante perche chaude). On y pêchait entre autres une espèce de truite fort ressemblante à la truite saumonée, et d'autres poissons moins recherchés, comme l'anguille, la carpe, la perche chaude, la barbue, la barbotte etc. 1862, A. Gérin-Lajoie, «Jean Rivard, le défricheur canadien», dans Les Soirées canadiennes, vol. 2, p. 176-177.

[littérature]
En effet, parvenu près de l'étang, un ardent besoin vous prend de jeter la ligne à tout hasard dans l'eau peu profonde et claire où l'on voit se promener, comme des bourgeois, de gros goujons, et fureter dans la vase du fond des perchaudes dodues au ventre d'écailles jaunâtres. 1925, D. Potvin, Le Français, p. 150.

[littérature]
Cela ne veut pas dire toutefois que la perchaude n'a pas ses partisans. On n'a qu'à circuler le dimanche sur les routes qui bordent nos rivières de la région de Montréal pour voir, à proximité des rives, de nombreuses chaloupes où de paisibles pêcheurs passent d'agréables moments à capturer des douzaines de ce petit poisson, dont la chair est excellente lorsqu'il ne porte pas de vers parasites. 1946, G. Delorme, dans A. Labrie et al., Pêche et chasse, p. 324.

[études scientifiques]
L'on entend dire partout : «Bah!... la perchaude, c'est bon pour les femmes et les enfants; c'est un poisson vulgaire, assez méprisable et tout plein d'arêtes». Et pourtant, je connais bien des pêcheurs qui ont fait leurs premières armes avec ce poisson qui, en maintes circonstances, a souvent sauvé leur amour propre de pêcheur débutant. J'en connais aussi beaucoup d'autres qui la méprisent pendant la saison de pêche régulière et qui la recherchent à cœur d'hiver... pas intéressante, l'été... pleine d'intérêt pendant l'hiver. 1966, M. Chamberland, La pêche au Québec, p. 298.

[études scientifiques]
Vous savez bien sûr que la perchaude est un plat de roi. La poêlée de filets de perchaude est un des plus beaux fleurons de la cuisine bourgeoise, mais bon, le problème c'est de les faire, les filets. À cause de sa peau dure, de ses écailles, de sa petite taille, la perchaude est très difficile à fileter. 1994, P. Foglia, dans La Presse, 13 janvier, p. A5.

[presse, journaux, périodiques]
Je me souviens d'une époque où certains vendaient les perchaudes 3 $ la livre. Personne n'osait alors poser de questions à propos de ce petit revenu qu'un pêcheur pouvait obtenir. Tous étaient conscients du travail investi pour fileter le poisson. Non, personne ne posait de questions, d'autant plus qu'à l'époque les bons «arrangeurs» de perchaudes, comme on les appelait, ne couraient pas les rues. 1998, Sentier Chasse-Pêche, février, p. 48.

[presse, journaux, périodiques]
Commentaire linguistique
1. Perchaude est un nom populaire qui a été adopté par les biologistes canadiens-français vers le milieu du XXe s. (v. NatCan 73/1-2, 1946, p. 28). 2. Figure dans de nombreux noms de lacs du Québec (v. RTQ 1987).
Dérivé(s), composé(s) et mot(s) de même famille
perche
Synonyme(s)
perche
Renvoi(s) onomasiologique(s)
achigan; anguille; arctic char; barbeau; barbotte; barbottine; barbue; camus; capelan; carpe; crapet; doré; dorin; goberge; goujon; haddock; loche; malachigan; maskinongé; maskinongé-tigre; méné; morue; musky; ouananiche; perche; poisson; poulamon; sardine; sole; touladi; truite; truitelle
Origine
Innovation sémantique à partir des parlers régionaux de France.
Historique
Depuis 1824 (Appendice du XXXIIIe volume des Journaux de la Chambre d'assemblée de la province du Bas-Canada, p. R-22). Perchaude, qui paraît être un diminutif de perche, est issu des parlers de l'Ouest (où il est attesté dès 1520), du Nord-Ouest et du Centre de la France où il s'applique à la perche commune (Perca fluviatilis), espèce indigène d'Eurasie étroitement apparentée à celle de l'Amérique du Nord (v. FEW perca 8, 216b, ALFSuppl 168, ALCe 596, ALIFO 368, JaubCentre-2, LalPoit, MinVienne-2 et RollFaune 3, p. 183). Ces parlers attestent aussi parchaude qui s'explique par l'ouverture de la voyelle [[API]] en [[API]] devant [[API]] suivi d'une consonne (v. JunPron 39-41). Perche chaude (depuis 1862) est dû à une réinterprétation de perchaude, par étymologie populaire (v. ChambCan-1, p. 44). Perchaude et perche chaude ont été considérés à tort par certains comme résultant d'une déformation de perche jaune (déjà chez l'abbé L. Provancher, dans NatCan 7/5, 1875, p. 131; v. aussi Dionne). H. Bernard écrivait encore à ce sujet, en 1936 : «Le mot Perchaude est un canadianisme, corruption de perche jaune, mais si répandu, si communément accepté, d'un bout de notre province à l'autre, et au delà, qu'il semble avoir chez nous droit de cité.» (Le petit pêcheur, p. 43). Cette explication était rejetée la même année par Cl. Mélançon (Les poissons de nos eaux, p. 173) qui précisait que le nom de perchaude vient «des premiers Français» qui baptisèrent le poisson du nom qu'il «porte encore dans certaines provinces de France».
Étymon du FEW
perca
Avis et recommendation(s)
A été normalisé par le BNQ et l'OLF (v. BNQPêches-2 31 et OLFAvis-4, no 1137).
Français de référence
Réalité propre
Emploi qui réfère à une réalité propre au pays ou à la région de la variété de français, ou qui en provient.
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