Vedette

bordier (n. m.)
[bɔʀdje]
Généralement au pluriel.

Définition

Riverain, personne qui habite en bordure d'une rue, d'une route, d'un chemin de fer.
[État des données: avancé]
Citation(s) Référence(s)
Un autre problème des Tessinois : celui des bordiers qui seront nombreux comme on peut le constater [concerne une course cycliste qui doit attirer les badauds].
1971, La Tribune de Lausanne, p. 17.
[presse, journaux, périodiques]
Participation des bordiers à la construction des nouvelles routes communales.
1973, Feuille officielle du Canton de Fribourg, 24 mars, p. 383.
[presse, journaux, périodiques]
Les bordiers (en particulier les entreprises) des routes et des chemins vicinaux ainsi que des trottoirs et talus avoisinants sont informés que ces derniers doivent être débarrassés de tous véhicules, matériaux, etc. [/] Nous les rendons d'ores et déjà responsables de toutes dégradations, dégâts aux machines ou autres ennuis pouvant résulter de l'inobservation de la présente mise en garde en ce qui concerne le déblaiement des neiges [= déneigement].
1973, Bulletin officiel du Canton du Valais, 2 novembre, p. 945
[textes administratifs ou officiels]
La réalisation de ce projet sera grandement facilitée, tant il est vrai que les bordiers à qui ce sacrifice de terrain sera demandé passent pour détachés des biens de ce monde...
1976, La Dzapate (journal de carnaval, VS), éd. rose, p. 3.
[presse, journaux, périodiques]
La CGTE [= Compagnie genevoise des tramways électriques] sollicite la compréhension des bordiers qui seraient gênés par cette activité nocturne.
1976, Courrier de Genève, 3 juin, p. 11.
[presse, journaux, périodiques]
Pour rendre la vie supportable aux bordiers de l'autoroute [titre]. Les pouvoirs publics n'ont-ils pas deux millions de francs ?
1977, 24 heures, 12-13 mars, p. 21.
[presse, journaux, périodiques]
Toutes mesures seront prises pour que les bordiers puissent en tout temps accéder à leurs propriétés. .
1976, 24 heures, 17 mai, p. 16
[presse, journaux, périodiques]
Des routes nouvelles sont construites; de ce fait certaines deviennent par le jeu des signaux, réservées à leurs bordiers (prompts à appeler la police si un étranger à la rue se permet d'y passer!).
1982, Nouvelliste et Feuille d'Avis du Valais, 29 octobre, p. 30.
[presse, journaux, périodiques]
Le projet «Rail 2000» et son nouveau tracé romand qui retombe comme un soufflé refroidi n'a pas passé inaperçu dans la région touchée. [...] Présenté en 1986 comme la solution écologique au transport de demain, le projet [...] a fait le tour de conférences organisées à cette fin. Elles attiraient des foules de bordiers sans apporter réponse à leurs questions.
1993, La Liberté, 4 février, p. 19
[presse, journaux, périodiques]
C'est une demande des bordiers qui a provoqué l'interdiction à la circulation entre la route de la Tour-Rouge et la route de Longefan. Les riverains constataient que la sécurité des piétons, et surtout des enfants sur le chemin de l'école voisine, y était menacée.
1997, La Presse, 29 août , p. 11.
[presse, journaux, périodiques]
La route des Converts est fermée depuis mi-février dernier. Un panneau indique que les bordiers sont autorisés.
2005, L'Express, 21 juillet, p. 9
[presse, journaux, périodiques]
Les communes sont tenues de déneiger leurs propres routes et cela leur donne souvent autant de travail qu'au canton. D'autant plus que le recours aux privés est nécessaire. Ainsi Renan doit-il s'occuper, en sous-traitance auprès d'un agriculteur, des sept kilomères qui relient le village aux Converts. Route étroite, bordée de plusieursfermes et qui se trouve, rapelle le secrétaire municipal, «en Bordiers autorisés».
2006, L'Express, 7 novembre, p. 15.
[presse, journaux, périodiques]

Répartition

  • s01 - Suisse romande

Origine

Maintien d'un lexème, d'un syntagme, d'une expression (avec son sens) français de référence

Historique

Plus ancienne attestation en Suisse romande avec ce sens : C. F. Ramuz, Journal, 1er novembre 1896 [éd. 1968, p. 21] («J'ai moi-même, à mon insu, désobéi à la loi en suivant un chemin où les propriétaires bordiers – propriétaires de vignes grandes comme la main – avaient seul accès.»). Archaïsme; maintien à travers la langue des notaires suisses romands d'un emploi vieilli du mot, bien attesté dans la lexicographie française (AcC 1842—Lar 1928). Forme aussi attestée en Haute-Savoie, avec le sens de «riverain d'un lac, d'un chemin» (RLiR 42, 1978, p. 160). — AcC 1842; Besch 1845; Littré 1863; Lar 1899, 1928; FichFrBE nº 162, avril 1963; DFV 1972; TLF 4, 700a s.v. bordier2; Alpha 1982; PR dp. 1984; GR dp. 1985; PLi dp. 1989; NPR 1993-2007 «Région. (Suisse»; DSR 1999; HenryCompl 2001, p. 9; Garino 2003.

Bilan métalinguistique

Emploi toléré. — Le Fichier Français de Berne le considère comme «correct», même si «les dictionnaires modernes précisent [...] que bordier est vieilli». — FichFrBE nº 162, avril 1963.

Français de référence

Équivalent(s)
riverain, aine, n.
Remarque(s)
Sous l'influence des nouvelles législations routières, le syntagme bordiers autorisés est remplacé par riverains autorisés, que l'on rencontre très fréquemment. Certains témoins, qui rattachent riverain à rivière, trouvent toutefois le terme quelque peu inapproprié; mais on ne manque pas de rencontrer des attestations de riverain en Suisse romande : «Je ne saurais terminer cette brève description du village actuel de Bure sans insister sur le bon ordre, sur l'entretien impeccable et sur la propreté exemplaire de ses rues. Chaque riverain en partage le mérite [...]» (L'Ajoulot, 3 juin 1971, p. 4).
SU: 17568