Vedette

crevée (n. f.)
[kʀəve]

Définition

Gaffe, maladresse, bêtise, bévue, faute.
Une sacrée, une belle, une grosse crevée; faire les pires crevées; ne faire que des crevées.
[État des données: avancé]

Variante(s) phonétique(s)

[kʀəve:]
Citation(s) Référence(s)
J'ai fait une crevée en plaçant M. X à côté de Mme Y.
1976, Enq. CD/I, juillet (BE Moutier).
[enquêtes]
Vous avez fait une belle crevée en vendant votre maison.
1975-1981, Enq. CD/II, (NE Le Landeron).
[enquêtes]
J'ai fait une crevée dans mes calculs.
1976, Enq. CD/I, juillet (BE St-Imier).
[enquêtes]
T'as fait une sacrée crevée en les maths!
1975-1981, Enq. CD/II, (JU Bassecourt).
[enquêtes]
[...] chaque fois qu'il arrivait quelque chose ou qu'on faisait une crevée, il fallait qu'il aille redire [= moucharder] à papa! Il ne pouvait pas souffrir qu'on s'amuse ou qu'on ne fasse pas comme lui, on aurait dit que cela l'embêtait ou qu'il était jaloux, je ne sais pas...
1976, G. Clavien, Le Partage, p. 43-44.
[littérature]
Nous avons toujours rêvé d'acheter un kiosque à journaux. On voyait passer les gens, on pensait que ce serait un travail agréable. Et bien, c'est la plus grande «crevée» que nous ayons faite dans notre vie. Aujourd'hui, nous passons quinze heures dans notre magasin. Tous les jours, dimanches compris, par tous les temps. Nous sommes épuisés et mon mari est tombé malade.
1977, Le Nouvel Illustré, 25 mai, p. 37.
[presse, journaux, périodiques]
[...] j'ai fait la plus grande crevée qui soit de partir en vacances avec lui; je me suis bien juré que c'était la dernière fois!...
1978, G. Clavien, Le bel aujourd'hui, p. 59.
[littérature]
Une fois dans le train, notre Marianne se rend compte qu'elle a sûrement fait une crevée. En effet, sa coiffure est crispée au possible et la gêne à chaque mouvement.
1994, Le Rai-Tiai-Tiai aidjolat [journal de carnaval, JU Ajoie], nº 17, p. 23.
[presse, journaux, périodiques]
Ecoute, mon beau Guapo, la crevée que j'ai faite hier. Comme j'étais un peu enrhumée, j'ai fait des inhalations. Les pastilles que j'ai prises, bon Dieu, ce que c'était fort. Après, j'ai vu que c'était des suppositoires.
1995, Le Rai-Tiai-Tiai aidjolat [journal de carnaval, JU Ajoie], nº 18, p. 12.
[presse, journaux, périodiques]

Commentaires

Le sens «grande quantité de qqch.» (VD, VS, GE; v. GPSR) n'est plus attesté à époque récente en Suisse romande même s'il est encore attesté comme «très usuel» dans le Haut-Jura (DurafHJura).

Répartition

  • s01 - Suisse romande

Origine

Innovation lexématique, syntagmatique, phraséologique français de référence

Historique

Part. passé fém. substantivé de crever (la motivation n'est pas claire, mais le verbe connote, en gros, l'échec). — BonNeuch 1867; OdinBlonay 1910, p. 292a; Pier; CollinetPontarlier 1925; FEW 2, 1318a, cr¯pare I 1; GPSR 4, 550a; TLF 6, 482a s.v. crevé III B; SchüleListeLar 1978; GR dp. 1985; BourquinPays 1985, p. 107; DurafHJura 1986; ChapuisMots 1988, p. 42; DSR 1999; Garino 2003.

Étymon du FEW

crepare

Français de référence

Équivalent(s)
gaffe, n. f.; maladresse, n. f.; bêtise, n. f.

Francophonie

Commentaire(s) intrazone
FRANCE: Aussi attesté dans ce sens à Pontarlier (Doubs). On trouve encore dans le Haut-Jura un sens vieilli en Suisse romande «grande quantité de qqch.». Il y il serait encore «très usuel» (DurafHJura).
SU: 18060