Vedette

jour de semaine (n. m.)
[ʒuʀdəs(ə)mɛn]

Définition

Jour ouvrable.
[État des données: avancé]

Variante(s) polymorphique(s)

Ancienn. jour sur semaine (v. Pier s.v. semaine). Cette forme est très bien attestée dans les cacologies du XIXe s., mais elle n'a plus été relevée depuis 1963 (cf. l'attestation de G. Haldas citée dans Lengert 1994). Elle semble toutefois être connue en France (voir Francophonie).
Citation(s) Référence(s)
Lenteur de la procession. Haie des honneurs. Hommes. Mon étonnement de reconnaître endimanchés, un jour de semaine, le laitier, le facteur, etc. Un peu plus loin, les femmes, groupe rose et clair, bavard, parfumé, pleurnicheur, déplacé devant le noir solide des costumes et du cercueil.
1967, J. Chessex, Reste avec nous, p. 71.
[littérature]
Les gens du pays, eux, ne possédaient que deux sortes de vêtements, ceux de la semaine et ceux du dimanche. Jamais maman ou papa, ni quelqu'un de chez nous, n'aurait osé mettre son costume de semaine quand c'était le dimanche, ou porter ses habits du dimanche un jour de semaine. Cela ne se faisait pas.
1968, A. Rivaz, L'Alphabet du matin, p. 82.
[littérature]
Un jour de semaine, un automne, sur le quai de la gare d'Aigle, deux beaux cercueils de chêne attendaient le train du Simplon.
1969, J. Chessex, Portrait des Vaudois, p. 38.
[littérature]
Le lendemain était un jour de semaine, et, comme d'habitude, Rose-Hélène est partie vers ses malades. Il faisait beau. L'air était vif.
1975, J.-P. Monnier, L'Allégement, p. 63.
[littérature]
Il me promit de revenir le dimanche suivant, mais il ne vint pas. Il arriva un jour de semaine, accompagné de son écuyer qui était aussi à cheval.
1979, C. Bille, Deux passions, p. 197-198.
[littérature]

Commentaires

Lexie courante en Suisse romande, plus fréquente que l'équivalent du fr. de réf. jour ouvrable (voir Français de référence).

Répartition

  • s01 - Suisse romande
  • s10 - + Savoie

Historique

Première attestation : 1909 (Quinche). Relevé également en fr. rég. de Savoie (GuichSavoy 1986, à côté de jour sur semaine), ainsi qu'au Canada («jour de semaine, jour sur semaine» GPFC 1930, BergeronQuéb 1980). Son statut de régionalisme n'est cependant pas complètement assuré, dans la mesure où TLF (s.v. semaine) donne la lexie sans marque (avec une citation de 1933 de la plume d'un écrivain d'origine méridionale) et que GLLF (s.v. semaine) cite, également sans marque, le syntagme les jours de semaine. À ceci il convient d'opposer le fait que Frantext n'en a fourni aucune attestation, tandis que Suistext contient 8 occurrences entre 1953 et 1979, ce qui lui garantit tout au moins un statut de régionalisme de fréquence. — Quinche 1909, p. 314; «Vaud (Bossard)» FEW 11, 482b, s¯pt?mana I; ChuardVaud 1979 (qui renvoie à Pier, lequel n'a toutefois que la lexie jour sur semaine); GuichSavoy 1986; Nic 1987, 1990; ChevalleyListe 1990; Lengert 1994; DSR 1999.

Étymon du FEW

septimana

Bilan métalinguistique

Quinche considère cet emploi comme un germanisme. — Quinche 1909, p. 314.

Français de référence

Équivalent(s)
jour ouvrable, n. m.
Remarque(s)
La lexie jour de semaine est plus fréquente en SR que l'équivalent fr. de réf. qui est aussi connu. Elle est attestée sans marque dans TLF ainsi que dans GLLF dans le syntagme les jours de semaine (voir Historique).
Mot particulier
Emploi particulier par son statut (registre d'emploi, domaine d'emploi, fréquence relative ou connotation).

Francophonie

Commentaire(s) intrazone
FRANCE: Relevé également en fr. rég. de Savoie (GuichSavoy 1986, à côté de jour sur semaine). La variante jour sur semaine est aussi connue dans dans la Loire (v. GononPoncins 1984) ainsi que dans la région Poitou-Charentes (v. RézeauOuest 1984), la Seine-Maritime, l'Ille-et-Vilaine, le Finistère, la Loire-Atlantique, la Sarthe, le Maine-et-Loire, le Centre-Ouest, la Côte-d'Or, la Haute-Savoie, la Savoie, l'Ain, le Rhône, l'Isère, l'Ardèche (Annonay), la Dodogne, la Gironde (DRF 2001).
Renvoi(s) aux autres zones francophones
AMÉRIQUE DU NORD: Relevé au Canada («jour de semaine, jour sur semaine» GPFC 1930, BergeronQuéb 1980).
SU: 18756