Vedette

menée (n. f.)
[mpne]

Définition

(Emploi critiqué). Région. Amas de neige soufflée par le vent, en particulier lors d'une tempête.
Une menée de neige. Des menées bloquent les routes et les chemins de fer. S'enfoncer dans une menée.
[État des données: avancé]

Variante(s) phonétique(s)

[mpne:]
Citation(s) Référence(s)
Mais déjà, sur les hauteurs, la bise sournoise la guettait [la petite ville] d'un œil en galopant sur les pâturages nus; elle essayait ses forces et répétait toutes ses farces en virant autour des sapins qui lui servaient de mannequins, faisait voler la neige qui, pour se protéger des griffes de cette froide danseuse, se blottissait en «menées» derrière les murets.
1959, W. Dubois, En poussant nos clédars, p. 52.
[littérature]
Vous vouliez une fiancée d'hiver: je suis née. Alors, pourquoi me mettre à la consigne de l'amour ? Parce que je n'avance qu'au pas à pas, que ma marche est ralentie par les menées de neige, la route glissante et les flocons si serrés qu'ils forment un grillage qui me retarde et me retient ? Ce n'est pas ma faute, ce n'est pas moi qui ai fait, entre vous et moi, ces remparts de neige, ces chemins glauques de glace, ces tempêtes qui brouillent sens et boussole.
1984, A.-L. Grobéty, La Fiancée d'hiver, p. 323.
[littérature]
Mongarçon inquiet est prêt à pleurer dans son corset de gel, ses forces entamées lui permettent encore d'escalader une grosse menée de neige pour approcher son museau du carreau de la fenêtre la plus proche.
2006, A.-L. Grobéty, La corde de mi, p. 77-78
[littérature]

Commentaires

À l'instar de son synonyme gonfle, menée est perçu comme plus familier et régional que l'équivalent du français de référence, congère.

Synonyme(s)

Répartition

  • s06 - Neuchâtel
  • s07 - Berne
  • s08 - Jura
  • s09 - + Franche-Comté

Origine

Emprunt d'un lexème, d'un syntagme, d'une expression (avec son sens) dialecte franc-comtois/jurassien

Historique

Première attestation : 1644 («mon cheval tomba dans la menée de neige», v. Pier). Emprunt à un type essentiellement attesté dans les parlers dialectaux de Belfort, du Doubs et du Jura français (v. FEW) ainsi qu'en fr. rég. de la Côte-d'Or et de Franche-Comté. Dans plusieurs sources lexicographiques françaises le mot est donné comme franc-comtois, avec un sens légèrement différent qui ne correspond pas au sens relevé dans les sources de français régional (voir Francophonie) — BonNeuch 1867; BeauquierDoubs 1881; WisslerVolk 1909; Pier; CollinetPontarlier 1925; FEW 6, II, 102b, m€nare; IttCons 1970 (> DFV 1972, où la déf. "tempête de neige" est erronée); " Côte-d'Or, Franche-Comté " RLiR 42 (1978), p. 177; SchüleListeLar 1978; Lar 1979; PLi dp. 1980; TavDumExprBourg 1984, p. 21; «région. (Suisse et Franche-Comté)» TLF; GR 1985; GrafBern 1987; DromardFrComté 1991; DondaineMadProust 1991, p. 69, 74; TavBourg 1991; ColinParlComt 1992; «Région. (Suisse)» NPR 1993-2007; Lengert 1994; RobezMorez 1995; DSR 1999; DRF 2001; Garino 2003.

Étymon du FEW

minare

Bilan métalinguistique

Emploi critiqué. — congère «est le seul mot qui convienne, puisque menée, régionalisme [...], désigne une tourmente de neige, les glaçons durs et cohérents qui en résultent (Littré)» FichFrBE nº213, juillet 1964 s.v. congère.

Français de référence

Équivalent(s)
congère, n. f.
Remarque(s)
menée est perçu comme plus familier et régional que l'équivalent du français de référence congère qui est bien attesté en Suisse romande.

Francophonie

Commentaire(s) intrazone
FRANCE: Attesté en Côte-d'Or (encirons de Dijon) et Franche-Comté selon le DRF. Littré 1867, Lar (1903, 1931, 1963) et GLLF 1975 donnent ce mot comme franc-comtois, avec le sens de «tempête de neige» qui ne correspond pas au sens relevé dans les sources de français régional («amas de neige ou de poussière que produit le vent sur son parcours» Beauquier; «amas de neiges placées, menées dans la direction du vent» Collinet; «congère» RLiR 42, Dromard, Colin, Taverdet; v. bibliographie).
SU: 18867