Vedette

oeil-de-perdrix (n. m.)
[pjdəpɛʀdʀi]
Parfois avec une majuscule.

Définition

Région. Vin rosé très apprécié, élaboré exclusivement à base de pinot noir.
L'œil-de-perdrix accompagne bien la bondelle, la féra.
[État des données: avancé]
Citation(s) Référence(s)
L'Œil-de-Perdrix était une petite fantaisie que le bon et puritain vigneron aurait tendance à réprouver. Attention, bonnes gens, ce rosé n'est pas un vin d'Anjou! Il a la plaisanterie sèche et le clin d'œil un peu gaulois, peut-être, mais vite chargé d'ironie plus mordante que bon-enfant. Et quelle couleur! Et goûtez-moi ça avec un pâté de foie gras!
1973, M. North, J. Montandon, Neuchâtel à table, p. 108.
[littérature]
[...] si le séjour en cuve est interrompu après quelques heures déjà, c'est un rosé qui sortira du pressoir et qui sera vinifié comme tel. Il aura droit à l'appellation d'«œil-de-perdrix» s'il est issu d'un pur pinot noir, se couvrira modestement de la simple dénomination de «rosé» si le jus du gamay est entré dans sa composition.
1977, J. Montandon, La Cuisine au fil du Rhône, p. 18.
[littérature]
L'Œil-de-Perdrix [en ital. dans le texte] est un vin dont l'apparente légèreté est trompeuse. Gare à celui qui en abuse! Son origine seigneuriale lui confère un caractère de noblesse et de puissance. N'est-il pas finalement un pur pinot noir ? Eh oui! il a été tout simplement vinifié en rosé.
1977, J. Follonier et al., Vins du Valais, p. 135.
[littérature]
C'est donc une tradition pour le moins millénaire que possède le vignoble neuchâtelois. Il offre sous l'appellation unique de «Neuchâtel» une gamme de vins mettant remarquablement en valeur les qualités de chaque coteau : blancs pétillants et fruités [...], rouges rubis dont on aime à rappeler qu'ils seraient des bourgogne sans la défaite de Charles le Téméraire (!), œil-de-perdrix frais et subtil.
1993, M. Rivière, R. Gessler, Quelques recettes neuchâteloises, p. 6.
[littérature]

Commentaire géolinguistique

L'œil-de-perdrix s'élabore surtout dans NE et VS, mais est très bien connu dans toute la Suisse.

Répartition

  • s03 - Valais
  • s06 - Neuchâtel
  • s01 - Suisse romande

Historique

Premières attestations en France : œil de perdris loc. adj. «couleur d'un vin (entre rouge et blanc)» TL 7, 738 s.v. perdriz (fin XIIIe s., Ile-de-France; sur cette attestation, v. encore A. Henry, Langage œnologique en langue d'oïl (XIIe-XVe s.), Académie Royale de Belgique, 1996, p. 252-3); œil de perdrix loc. adj. «couleur rubis (en parlant des vins)» Ol. de Serres, 1600 (v. TLF; FEW). TLF donne aussi vin couleur œil-de-perdrix ou vin œil-de-perdrix «vin de Bourgogne de teinte claire», mais d'après l'ex. cité ces appellations étaient en usage au XVIIe s. Il semble bien que seule la Suisse romande ait substantivé l'emploi adjectival et l'utilise encore couramment de nos jours. Non attesté à date ancienne au fichier CD. — Emploi manquant dans FEW 7, 317a, ?cºlus I 1 b d. — Alpha 1982; DSR 1999.

Étymon du FEW

oculus

Français de référence

Remarque(s)
TLF donne vin couleur œil-de-perdrix ou vin œil-de-perdrix «vin de Bourgogne de teinte claire», mais d'après l'ex. cité ces appellations étaient en usage au XVIIe s.
Réalité propre
Emploi qui réfère à une réalité propre au pays ou à la région de la variété de français, ou qui en provient.
SU: 18981