Vedette

queue (ne pas se prendre pour la ~ de la poire) (loc. verb.)

Définition

Être prétentieux, imbu de soi-même, infatué de sa personne, se prendre pour quelqu'un d'important, avoir une très haute opinion de soi-même.
[État des données: avancé]
Citation(s) Référence(s)
Lorsque les Bourgeoises de Marly et environs montent sur scène, elles ne se prennent pas pour la queue de la poire et savent se vendre (16 francs l'entrée).
1994, L'Objectif Fribourg, 7 octobre, p. 17.
[presse, journaux, périodiques]
Mais le Centre patronal ne se prend pas pour la queue de la poire. Il ne badine pas avec les droits constitutionnels. En politique bourgeoise, on choisit qui sera le meilleur porte-parole et puis les interdictions tombent vite comme des couperets.
2007, Billet publié sur le blog du politicien Josef Zisyadis, 11 juin. (Internet — http://zisyadis.ch)
[autres textes écrits]
Dans la culture professionnelle des métiers de l'humain – enseignement, soins infirmiers, travail social par exemple –, devenir «primus inter pares» peut être suspect. Voilà quelqu'un «qui se place», «qui ne se prend pas pour la queue de la poire», «qui joue au petit chef», bref qui sort du rang : qu'on lui coupe la tête! Même celui qui accepte simplement d'animer un groupe, voire une seule séance, peut paraître suspect de «flirter avec le pouvoir».
1996, P. Perrenoud, «Pouvoir et travail en équipe», in: CHUV, Travailler ensemble, soigner ensemble, disponible sur le site de l'Université de Genève. (Article de P. Perrenoud sur le site de l'Université de Genève)
[autres textes écrits]

Commentaires

Très rare à l'écrit, le mot jouit toutefois d'une bonne connaissance active chez les témoins interrogés: d'après les résultats d'une enquête de vitalité (février 1998; 56 étudiants de l'Université de Neuchâtel), la locution semble très bien connue dans VD, NE et BE. Quatre témoins jurassiens sur douze la connaissent, de même que les trois témoins genevois, le seul témoin valaisan et le seul témoin fribourgeois.

Commentaire géolinguistique

La locution semble surtout très bien connue dans VD, NE et BE (voir Commentaires).

Répartition

  • s01 - Suisse romande
  • s10 - + Savoie

Historique

Première attestation : 1931 («On voit des gens qui s'adorent et se pâment devant leur nombril, tout en doutant d'eux-mêmes avec assez de sincérité. Certains inquiets, certains timides, se prennent si peu ‘pour la queue de la poire' qu'ils s'admirent d'oser discuter avec eux-mêmes.» J. Peitrequin, Les Mains dans les poches, p. 231). On a relevé en patois gruérien la variante chi chè prin pâ po na kuva dè pre byè, glosée par «celui-ci ne se prend pas pour une queue de poire blette» (DictPatGruér). Ne semble pas tout à fait inconnu en France; v. BernetRézeau pour une variante isolée ne pas se prendre pour la queue d'une poire (1977, Lino Ventura dans Télé-7-Jours). Cf. encore, dans la même source, ne pas se prendre pour la queue d'une cerise (avec une att. de 1987; selon les auteurs, il s'agit d'une «locution [...] peut-être plus usuelle en Provence qu'ailleurs», ce qui est confirmé par BouvMartExprProv 1987, p. 62; des témoins savoyards affirment aussi la connaître et l'employer). Ces locutions sont construites sur le même modèle que la locution plus fréquente (mais vulgaire) du français commun ne pas se prendre pour une / de la merde (v. par ex. NPR 1993). — Manque à FEW 2, 526ab, CAUDA I 2 f; 8, 573a, P¤RUM I; 9, 340 sqq., PRpHpNDpRE I 1 a. — BernetRézeau 1989; DictPatGruér 1992, p. 151 s.v. byè, byète; DSR 1999, 2004.

Français de référence

Équivalent(s)
se croire sorti de la cuisse de Jupiter; vulg. ne pas se prendre pour une / de la merde
Remarque(s)
(v. par ex. NPR 1993).

Francophonie

Commentaire(s) intrazone
FRANCE: Ne semble pas tout à fait inconnu en France (voir Historique).