Vedette

Réduit national (n. m.)
[ʀedɥinasjɔnal]
Parfois Réduit est écrit sans majuscule.

Définition

(Terme de stratégie militaire) Zones difficiles d'accès, dans les Alpes suisses, où des forteresses souterraines ont été construites, et où la résistance armée se retrancherait en cas d'invasion militaire du Plateau suisse.
La stratégie du Réduit national.
[État des données: avancé]
Citation(s) Référence(s)
Ce n'est un secret pour personne et même pas un secret militaire : le fort de Dailly-Savatan est l'un des plus grands de Suisse. Il fait partie du réduit national.
1993, F. Clément, Les Vaches enragées, p. 136.
[littérature]
L'encerclement qu'elle subit depuis que la France s'est effondrée en mai 1940 soumet les nerfs de la population à rude épreuve. L'incertitude est encore augmentée par le flou entretenu par la stratégie du Réduit national chère au général Guisan : en cas d'aggravation du conflit, quel sera le sort des populations du Plateau et du Jura, puisque l'essentiel pour les uns, voire la totalité pour les autres, de l'effort militaire portera sur la défense symbolique de glorieux rochers dépeuplés et de cimes sublimes enneigées ?
1994, Le Nouveau Quotidien, 6 juin, p. 3.
[presse, journaux, périodiques]

Commentaires

Le terme s'emploie presque exclusivement en référence à la Seconde guerre mondiale.

Renvoi(s) à d'autres langues

Le mot français a été emprunté par l'all. de Suisse; cf. PledariGrond 1993, qui donne (sans définition) «[all.] Reduit (mil.) [rom.] reduit». Selon DudenSchweiz 1989 (qui malheureusement ne fournit pas non plus de définition), le mot garde l'accent aigu de la graphie française en all. de Suisse.

Antomyme(s)

Répartition

  • s01 - Suisse romande

Origine

Innovation sémantique français de référence

Historique

Première attestation : 1943 («Dans le réduit national, quelque part vers Rougemont [VD], une patrouille de territoriaux traverse un vallon solitaire.» J. V. Gilles, Les Histoires de Gilles, p. 73). Emploi spécialisé du sens de «partie d'un pays ou d'un théâtre d'opérations dans laquelle on envisage de mener le dernier combat et qu'on aménage à cette fin», qui appartient au fr. de réf. (v. TLF), mais qui manque à FEW 10, 183b, reducere I 5. Le mot français a été emprunté par l'all. de Suisse (voir Renvois aux autres langues). — Nic 1990; DSR 1999.

Français de référence

Réalité propre
Emploi qui réfère à une réalité propre au pays ou à la région de la variété de français, ou qui en provient.