Vedette

remettre (v. trans.)
[ʀ(ə)mɛtʀ]

Définition

Céder (un commerce, une entreprise à un successeur).
Remettre un commerce, un cabinet; remettre sa ferme. Restaurant, café à remettre.
[État des données: avancé]
Citation(s) Référence(s)
J'informe ma clientèle que j'ai remis mon entreprise de charpente-couverture à mon fils [...].
1993, Le Quotidien Jurassien, 28 août, p. 2.
[presse, journaux, périodiques]
Assis sur un vieil escabeau, sous l'auvent, Héli Cavin se repose un instant. Il réfléchit. Les récents événements gravent leurs empreintes sur son visage : le paysan a remis sa ferme; avec le bétail; avec le chédail; avec tout. Il a remis sa terre à son fils, son seul successeur, qui se mariera bientôt.
1961, A.-L. Chappuis, La Moisson sans Grain (1re éd. 1955), p. 7.
[littérature]
Depuis qu'ils avaient remis leur bien au fils, Eustache et Amélie Migat ne se refusaient rien. On ne vit qu'une fois, n'est-ce pas ? En une saison, ils s'offraient ce qu'ils ne s'étaient pas accordé en une vie de labeur.
1985, B. Chapuis, Une de Bonfol, p. 102.
[littérature]
Le Buffet de la Gare de Saint-Maurice [VS] est à remettre pour le 1er septembre 1993.
1993, Nouvelliste et Feuille d'Avis du Valais, 15 avril, p. 34.
[presse, journaux, périodiques]
Nous cherchons à remettre dans le haut du canton de Neuchâtel, un commerce d'articles cadeaux. Clientèle établie, assurée et fidèle.
1993, Courrier neuchâtelois, 12 mai, p. 21.
[presse, journaux, périodiques]
Boucherie charcuterie [/] Avec bail jusqu'à fin 1997. [/] A remettre en gérance [/] Fr. 1500.– par mois à Bernex [GE].
1993, La Suisse, 14 mai, p. 4.
[presse, journaux, périodiques]
Malgré un chiffre d'affaires «honorable», le patron a décidé de remettre.
2003, La Liberté, 20 février, p. 11.
[presse, journaux, périodiques]

Répartition

  • s01 - Suisse romande

Origine

Innovation sémantique français de référence

Historique

Premières attestations: 1829-32 («louer [un logement]», GuilleNeuch); 1868 («céder [fonds, magasin]», GrangFrib). Emploi spécialisé du sens du français général «mettre aux mains, entre les mains de quelqu'un; confier, donner, laisser à quelqu'un» (v. TLF s.v. remettre II B); également attesté en Belgique, en Bourgogne, dans le Doubs et à Marseille. — GuilleNeuch 1829-32; PeterCacol 1842; BonNeuch 1867; GrangFrib 1868; BeauquierDoubs 1881; Pier; CollinetPontarlier 1925; «il a remis, il a cédé son fonds, il s'est retiré des affaires» BrunMars 1931; Pohl 1950; FEW 10, 241b, r¯m?tt¯re I 1 b d; BeatensBruxelles 1971, p. 379; HanseNChasse 1974; «expression belge et suisse» Hanse 1983, 1987; RouffiangeMagny 1983; «Belgique» PR dp. 1984; GR 1985; MassionBelg 1987; FuchsBelg 1988; «Belgique» PLi dp. 1989; «région. (Belgique, Suisse)» TLF; «il cherche à remettre son train à des Suisses» TavBourg 1991 s.v. train; «Belgique» NPR 1993; Lengert 1994; Belg 1994; «Belgique, Suisse» PLi 1998; DSR 1999; HenriCompl 2001, p. 42; Garino 2003.

Étymon du FEW

remittere

Bilan métalinguistique

Emploi critiqué par Grangier et Plud'hun dans leur cacologies. — GrangFrib 1864; PludFranç 1918, p. 19.

Francophonie

Commentaire(s) intrazone
FRANCE: Également attesté , en Bourgogne, dans le Doubs et à Marseille.
SU: 19322