Vedette

torailler (v. intrans.)
[tɔʀaje]

Définition

Région. Fumer beaucoup, avec excès.
À torailler comme ça, ils vont empester toute la maison.
[État des données: avancé]

Variante(s) graphique(s)

torrailler (PLi 1998). Cet hapax graphique ne reflète pas l'usage, bien qu'il se justifie du point de vue de l'étymologie.
Citation(s) Référence(s)
Aussi, pour se faire bien voir de ses futurs sujets, Madame de Nemours offrait de braver l'incendie et la paresse en leur permettant de torailler à tort et à travers, s'ils voulaient bien soutenir sa candidature au trône de Neuchâtel. Et les Neuchâtelois ont bientôt recommencé à fumer [...].
1973, M. North, J. Montandon, Neuchâtel à table, p. 136.
[littérature]
Depuis l'installation dans les locaux climatisés de Monruz [NE] en 1978, rares ont été les employés qui se sont plaints qu'un collègue «toraillait» immodérément.
1994, L'Express, 4 mai, p. 9.
[presse, journaux, périodiques]
En Espagne, une fraction importante du gouvernement toraille ostensiblement devant les caméras. Une proposition de loi du ministère de la santé visant à limiter la publicité pour le tabac a été repoussée aux calendes grecques.
1995, L'Express, 17 mars, p. 29.
[presse, journaux, périodiques]
Fini de torailler dans l'administration fédérale. Les nouvelles directives de l'Office fédéral du personnel limitent désormais la fumée à certaines zones des restaurants du personnel.
1997, La Liberté, 28 mai, p. 10.
[presse, journaux, périodiques]
Le fond de l'air est douteux dans l'omnibus Nyon-Genève! Chaque week-end, les wagons du train régional, pourtant déclarés officiellement non fumeurs, sont véritablement pris d'assaut par plusieurs dizaines d'ados qui «toraillent» des cigarettes pas toujours... «réglementaires».
1997, Le Matin, 24 février, p. 5.
[presse, journaux, périodiques]

Répartition

  • s02 - Vaud
  • s04 - Genève
  • s05 - Fribourg
  • s06 - Neuchâtel
  • s07 - Berne
  • s08 - Jura

Historique

Première attestation : 1861 (Callet). Dér. de toraille n. f. «fumée épaisse» (v. Pier), aujourd'hui désuet, appartenant à la famille des descendants de lat. t?rr®re (v. torrée). Type également attesté (avec des variantes suffixales) dans le Doubs et le Jura français, dans les parlers comme en français régional. — CalletVaud 1861; BonNeuch 1867; WisslerVolk 1909; Pier; «tourailler» CollinetPontarlier 1925; FEW 13, II, 108a, t?rr®re I 1 a; «torailler, toratzer» IttCons 1970; Voillat 1971, p. 230; BourquinPays 1985, p. 72; «to(u)racher» DurafHJura 1986; GrafBern1987; «to(u)rracher» RobezMorez 1995; PLi 1998 s.v. torrailler (cet hapax graphique ne reflète pas l'usage, bien qu'il se justifie du point de vue de l'étymologie); DSR 1999; Garino 2003.

Étymon du FEW

torrere

Bilan métalinguistique

Emploi critiqué dans certaines cacologies. — CalletVaud 1861 s.v. fumer; DupertuisVaud 1892, p. 37.

Francophonie

Commentaire(s) intrazone
FRANCE: (v. intr., avec des variantes suffixales) Doubs, Jura.
SU: 19533