Vedette

huard (n. m.)
[ˈyɑʀ]

Définition

Oiseau aquatique plongeur (fam. des gaviidés) de taille légèrement supérieure à celle du canard dont il se distingue également par un cou plus long, un bec droit et effilé, qui fréquente surtout les lacs profonds et les grandes rivières où il se tient général. seul ou en couple.
Un couple de huards. (Dans la langue spécialisée). Huart à gorge rousse (Gavia stellata). Huart arctique (Gavia arctica). QU_e200
[État des données: avancé]

Variante(s) graphique(s)

huart (notamment dans la langue spécialisée); huat (variante ancienne)
Citation(s) Référence(s)
Quant à l'autre chasse du gibbier, il y abo[n]de grande quantité d'oiseaux de riviere, de toutes sortes de canards, sarcelles, oyes blanches & grises, outardes, petites oyes, [...] cygnes, plongeons [«grèbes»] de deux ou trois façons, poulles d'eau, huarts, courlieux, [...] & autres en nombre infiny, qui y viennent selon leur saison.
1632, Les voyages de la Nouvelle France occidentale, dicte Canada, faits par le Sr de Champlain, 1re partie, p. 5.
[archives et textes anciens]
Je campai immédiatement au-dessus [du lac de Saint François], & la nuit je fus éveillé par des cris assez perçans, comme de gens, qui se plaignoient. J'en fus d'abord effrayé, mais on me rassûra bientôt, en me disant que c'étoit des Huars, espece de Cormorans.
1744, Fr. X. de Charlevoix, Histoire et description générale de la Nouvelle France, t. 3, p. 193.
[archives et textes anciens]
Il est inutile, je pense, de décrire le grand plongeon [...] ou huart commun, que tout le monde connaît et dont la peau mégissée constitue l'une des plus belles pelleteries que je connaisse. Il est peu de Canadien qui n'ait possédé un sac à tabac en cou de huart.
1900, H. de Puyjalon, Histoire naturelle à l'usage des chasseurs canadiens et des éleveurs d'animaux à fourrure, p. 382.
[études scientifiques]
Il n'y avait que les huards qui se tenaient par couples isolés à animer les eaux. Les grands oiseaux étranges se dressaient debout pour plonger avec des gargouillements de délices. Autant le soir, et principalement aux abords d'un orage, leur cri strident, déréglé, répercuté par les montagnes, ébranlait les nerfs, autant le matin, limpide et musical, il reflétait l'allégresse des eaux dorées par le soleil levant.
1952, M. Le Franc, Le fils de la forêt, p. 48.
[littérature]
(Pour la variante Huat). [...] Pyes de mer, Plongeons, Huats [...] & autres sortes [d'oiseaux] que je ne cognois point [...].
1613 Les voyages du Sieur de Champlain, 1re partie, p. 12.
[archives et textes anciens]

Origine

Innovation sémantique français de référence

Historique

Depuis 1632 (huart, Champlain; huard, depuis 1703 dans Nouveaux voyages de Mr. le baron de Lahontan, t. 2, p. 46 : Les Huards sont des Oiseaux de Riviére gros comme des Oyes; dès 1613 sous la forme huat). Le mot figure dans les dictionnaires français depuis le début du XVIIIe s., répertorié le plus souvent sous la forme huard (v. notam. Fur 1727, Littré, DG et TLF; les dictionnaires les plus récents ont tendance à présenter les deux variantes formelles, v. notam. Robert 1985 et Larousse 1987, s.v. huard ou huart). Cet emploi est propre au français nord-américain même si bon nombre de dictionnaires français, surtout ceux du XIXe s., le décrivent comme s'il avait cours en France, c'est-à-dire sans faire référence à l'Amérique du Nord ou à sa variété de français. Il découle de huard «nom donné à divers oiseaux rapaces diurnes au cri perçant (milan, orfraie, busard, etc.)» qui est attesté en français depuis le XIVe s. (d'abord sous la variante huart, depuis le XVIe s. sous la forme huard; dérivé de huer « pousser des cris» , v. FEW hù- 4, 502b; Godefroy s.v. huart, huard; TLF, s.v. huard).

Étymon du FEW

hu-

Français de référence

Remarque(s)
1. En France, on donne à cet oiseau le nom de plongeon, comme c'était le cas chez les spécialistes canadiens jusqu'au milieu du XXe s. 2. Dans la langue générale, huard sert principalement à désigner le huard à collier et non le huard arctique, contrairement à ce qu'indiquent les dictionnaires français qui relèvent ce mot.
QU: 2339