Vedette

livre (n. f.)
[livʀ]

Définition

(Depuis la Conquête). Unité de masse du système britannique avoirdupoids, équivalant à 453,592 g.
Une demi-livre, un quart de livre. 3 livres 12 onces. Une livre de beurre. Une livre et demie de steak haché, de poisson. Un fromage qui coûte cher la livre. Une poche, un sac de dix, de vingt livres de farine. Un vingt, un cinquante livres de patates. Un cent livres (ou, par ellipse, (vieilli) un cent) de sucre, de farine. Acheter, vendre au cent livres. – (Pour le poids corporel). Peser 160 livres. Perdre, prendre vingt livres en trois mois. Un bébé de sept livres et huit onces. QU_e469
[État des données: avancé]
Citation(s) Référence(s)
Quand le Prix de la fine Fleur de Farine est à, ou au dessous de quatorze Chelins, les Cent douze Livres Avoirdupoids, Le Pain de Six Sols de la dite Fleur pesera, 4 [Lb.].
1764, La Gazette de Québec, 11 oct., p. 1.
[presse, journaux, périodiques]
[1.] La «livre impériale avoir-du-poids» sera l'unique étalon de poids, d'après lequel tous les autres poids et mesures, en ce qui concerne le poids, seront supputés, calculés et constatés; et tous poids et mesures, en ce qui concerne le poids, seront énoncés en parties, multiples ou en certaines proportions de l'étalon de la livre avoir-du-poids. 2. La seizième partie de l'étalon de la livre avoir-du-poids vaudra une once; la seizième partie d'une once vaudra un drachme; la sept millième partie de la livre vaudra un grain; cent livres de l'étalon avoir-du-poids constitueront un quintal, et deux mille livres de l'étalon avoir-du-poids un tonneau. 3. Un poids étalon de cent livres avoir-du-poids sera aussi et pourra être appelé et décrit sous la désignation de 'Un Cent'».
1873, «Actes concernant les poids et mesures», dans Statuts du Canada, chap. 47, art. 2.
[textes administratifs ou officiels]
Et anxieuse, subitement dévorée de crainte, elle demanda à voir l'enfant. Toujours cette peur de donner naissance à un enfant mal conformé. – Un beau garçon, dit la sage-femme. Délicat, mais bien vivant. Six livres, je dirais, fit-elle, le soupesant entre ses bras ronds.
1945, G. Roy, Bonheur d'occasion, p. 504-505.
[littérature]
Pauvre Mille Milles! qui, en plus d'être tout sale, est Canadien français. Mais il est fier des pouces, des pieds, des milles, des onces, des livres, des quintaux et de tout le système! [...] Tous les Canadiens français qui essaient de parler comme les Français de France et qui portent des verres fumés beau temps mauvais temps, je les hais.
1967, R. Ducharme, Le nez qui voque, p. 16.
[littérature]
Julie n'a pas touché à son croque-monsieur. – Tu ne mange[s] pas ? – Je n'ai pas très faim... et puis, j'ai cinq livres de trop! – Où ça ? – Tu m'as pas regardée, j'ai assez des grosses fesses! [/] Elle mesure cinq pieds et neuf pouces et pèse cent trente-cinq livres, ce qui, pour sa taille, est tout à fait normal; quand je la vois se tourmenter pour quelques onces de graisse ici ou là, cela me rappelle ma jeunesse. Qui croirait que je ne pesais même pas cent livres le jour de mes noces ?
1985, M. Claudais, J'espère au moins qu'y va faire beau!, p. 107-108.
[littérature]

Commentaires

Depuis 1971, par un amendement à la Loi sur les poids et mesures, le système avoirdupoids est remplacé progressivement par le Système international d'unités (version moderne du système métrique), mais les anciennes unités continuent d'être largement utilisées dans la vie courante.

Origine

Calque anglais

Historique

Depuis 1764 (première attestation explicite : Pour chaque livre de seize onces, de fourrure de Castor, version française de : For every Pound Weight Averdupoise [sic] of Beaver Wool, dans La Gazette de Québec, 23 août, p. 1); v. aussi une ordonnance du gouverneur Murray datée du 3 septembre de la même année statuant que «les Poids et Mesures en usage dans cette province seront conformes à l'Etalon de l'Echiquier d'Angleterre», dans Rapport sur les travaux relatifs aux archives publiques pour l'année 1913, Ottawa, 1915, p. 53). D'après l'anglais pound (v. OED, Webster 1986). L'abréviation lb. est attestée depuis 1764 (La Gazette de Québec, 12 juillet, p. 2 : le bœuf à 16 sols la lb.); elle s'explique aussi par l'anglais (lb ou lbs, avec ou sans point d'abréviation, d'après le latin libra); l'hésitation quant à la façon d'abréger se retrouve également en anglais où l'on note les mêmes variantes qu'en français du Québec (v. OED, s.v. lb., qui donne lbs. au pluriel; Gage 1984, s.v. lb. (au singulier) et lbs (au pluriel); Webster 1986, s.v. lb).

Avis et recommendation(s)

On relève régulièrement l'abréviation lb (au singulier), ou lbs (au pluriel), avec ou sans point final; cependant, l'usage recommandé, au singulier comme au pluriel, est le symbole lb (sans point).

Français de référence

Remarque(s)
En France, on donne à livre, dans la langue familière, la valeur de 500 g (par ex. dans livre de beurre).
Réalité propre
Emploi qui réfère à une réalité propre au pays ou à la région de la variété de français, ou qui en provient.