Vedette

poisson de Saint-Pierre (loc. nom.)

Définition

(Surtout dans le folklore des pêcheurs du golfe Saint-Laurent). Nom donné à l'aiglefin (Melanogrammus æglefinus), poisson marin apparenté à la morue, pourvu d'une tache noire de chaque côté du corps sous la première nageoire dorsale.
[État des données: avancé]

Variante(s) polymorphique(s)

poisson Saint-Pierre; (par ellipse) Saint-Pierre
Citation(s) Référence(s)
On a encore la Goberge que les pescheurs nomment poisson de saint Pierre, pour deux marques noires qu'il a au dessus des deux costez de la teste, que l'on dit estre l'endroit par où nostre Seigneur le prit; il est fait comme une petite moluë, excellent à manger, & mesme on le fait secher comme la moluë.
1672, N. Denys, Description geographique et historique des costes de l'Amerique septentrionale, t. 2, p. 267 (le nom de goberge désigne ici l'aiglefin, v. goberge).
[archives et textes anciens]
[ ... ] pour certains pêcheurs il y a des poissons auxquels on ne touche pas. Exemple : l'espèce de morue que le commerce désigne sous le nom de hadock [sic] et que le vulgaire appelle le poisson de Saint-Pierre. La légende veut que ce soit la première pièce tirée hors des filets par le grand apôtre, au jour de la pêche miraculeuse.
1874, Faucher de Saint-Maurice, À la brunante, p. 272-273.
[littérature]
Avant la Saint-Pierre, il faut avoir pris un Saint-Pierre (aiglefin) pour avoir une bonne pêche l'été.
1976, P. DesRuisseaux, Dictionnaire de la météorologie populaire au Québec, p. 170 (dicton gaspésien).
[études scientifiques]
C'était surtout l'ouvrage de la femme et des enfants de faire sécher la morue. Vous savez, le haddeck, ou poisson de Saint-Pierre, c'est de la même famille que la morue, et on retrouve toujours un certain pourcentage d'aiglefin avec la morue. Comme c'était quasiment un poisson de luxe à l'époque, la femme le mettait de côté et pouvait le vendre par la suite.
1980, J.-Cl. De L'Orme et A. Leblanc, Histoire populaire des îles de la Madeleine, p. 102.
[études scientifiques]

Synonyme(s)

Origine

Maintien d'un lexème, d'un syntagme, d'une expression (avec son sens) parlers régionaux de France

Historique

Depuis 1672 (Denys). Héritage des parlers de France; saint pierre «aiglefin» a été signalé en Picardie (v. FEW Petrus 8, 331b; L. Joubin et E. Le Danois, Catalogue illustré des animaux marins comestibles des côtes de France et des mers limitrophes, 1re partie, 1925, p. 184). Dans la langue générale en France, on a également relevé le nom de poisson (de) Saint-Pierre du début du XVIIe s. jusqu'au début du XXe, nom qui s'est maintenu sous la forme réduite saint-pierre (signalée depuis 1793 d'après TLF), mais on l'applique à la dorée, un autre poisson marin présentant une tache noire sur chaque flanc (v. FEW id., 331; Larousse 1866-1928, s.v. poisson; Robert 1953-1985, GLLF, Larousse 1982-1987 et TLF, s.v. saint-pierre). Selon l'explication courante, le nom de ce poisson vient «[d]u n[om] de Saint-Pierre, parce que ce poisson porte sur les côtés une tache ronde qui serait la marque laissée par les doigts de l'apôtre quand, sur l'ordre du Christ, il tira de la bouche du poisson le statère du cens» (TLF; pour d'autres interprétations, v. P. Sébillot, Le folk-lore de France, t. 3, 1906, p. 344-345).

Étymon du FEW

piscis

Français de référence

Remarque(s)
En France, saint-pierre sert à désigner la dorée, un autre poisson marin présentant une tache noire sur chaque flanc (v. Étymologie/Historique).
QU: 2782