Vedette

poisson (n. m.)
[pwasɔ̃]

Définition

Fig., fam. Personne qui est facile à attraper, à duper, qui est crédule.
Se faire traiter de poisson. (En fonction adj.). Elle est poisson ou (parfois) poissonne.
[État des données: avancé]
Citation(s) Référence(s)
Pour se lancer dans cette imposante et nationale industrie du biscuit au gingembre, il ne faut qu'une seule chose sans grande importance : un associé un peu poisson prêt à se faire taper de quelques centaines de piastres.
1930, Le Goglu, Montréal, 12 déc., p. 4.
[presse, journaux, périodiques]
[ ... ] quel est selon vous dans l'idée des jeunes filles modernes le type d'homme qui a le plus de chances d'être aimé ? Est-ce celui qui la comble de cadeaux, l'emmène à tous les cinémas et toutes les danses, celui que tout bas plusieurs appellent «poisson» ?
1944, Le Soleil, 24 déc., p. 4.
[presse, journaux, périodiques]
Les palabres de la Saint-Jean-Baptiste, les campagnes de souscription pour le maintien de nos droits, de notre langue et de notre culture, c'est pour les «poissons», les «suckers», en d'autres termes : les poires. Ce qui pèse dans le monde, ce ne sont pas les sacrifices aux mânes des ancêtres mais le portefeuille quand il est rempli.
1966, A. Maillet, Nouvelles montréalaises, p. 115.
[littérature]
Et c'est dans une ruelle que, préférablement, on amène son client éventuel pour lui faire faire le paiement de l'aubaine [ c.-à-d. un téléviseur volé ], et lui livrer son appareil fort bien camouflé. [ ... ] c'est de cette façon qu'un jeune homme de 21 ans aurait amené trois «poissons» bien conditionnés à lui remettre la somme requise, avant la livraison. Une fois l'argent empoché, toutefois, il aurait dit chaque fois à l'acheteur déjà tout ravi : «Une toute petite minute, et je reviens avec». Mais, dans les trois cas, il ne serait jamais revenu.
1970, La Presse, 24 avril, p. 11.
[presse, journaux, périodiques]
Ce n'est pas possible, les cochonneries qu'on essaie de vendre [ dans un marché aux puces de la Floride ]. L'autre jour, je vois un vieux chaudron usé. Le propriétaire du kiosque, un Québécois par surcroît, demandait 5 $. Je lui ai dit que je pouvais en avoir un neuf pour 7 $. Il m'a répondu sèchement de ne pas le prendre et que, de toute façon, il trouverait bien son «poisson».
1993, Le Journal de Québec, 29 janvier, p. 7.
[presse, journaux, périodiques]

Synonyme(s)

Origine

Emprunt d'un sens anglais nord-américain

Historique

Depuis 1929 (Le Goglu, Montréal, 15 nov., p. 8 : Enormément de gens sont poissons (en anglais : fish), mais rares sont ceux qui peuvent allier à cette qualité celle d'homme-poisson, comme notre ministre des Pêcheries [ ... ].). D'après l'anglais nord-américain fish, lequel a également pénétré avec le même sens dans le français du Québec (v. fish).
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