Vedette

menterie (n. f.)
[mãtʀi]

Définition

Fam. Blague, histoire inventée.
C'est pas des menteries! Conter, se conter des menteries.
[État des données: avancé]

Variante(s) graphique(s)

mentrie (parfois)
Citation(s) Référence(s)
– [...] J'ai vu une fois, quand j'étais petite, à Lavaltrie, chez mon père, qu'on s'est réveillé un beau matin avec d'la neige qui bouchait jusqu'au châssis d'la chambre d'en haut. On était quasiment tout enterré. Y a fallu que mon père i' sorte par la ch'minée pour aller nous désenterrer. C'est la pure vérité. [...] – Ben sûr que c'est pas des menteries, renchérit Euchariste.
1938, Ringuet, Trente arpents, p. 45.
[littérature]

Origine

Maintien d'un sens français ancien et parlers régionaux de France

Historique

Depuis 1744 (PotierH 54 : une Canadienne: menterie... Craque). Cet emploi a certainement été hérité de France. Fur 1690 l'atteste indirectement dans ce passage : «Les hableurs soûtiennent effrontement leurs menteries». De plus, on trouve dès l'ancien français le mot menteur (menteux en moyen français) au sens d' «inventeur et diseur de contes»; le mot est relevé avec le même sens ou avec celui de «vantard, hâbleur» dans des parlers de la Picardie, de la Normandie et de la Bourgogne, usage auquel se rattache l'emploi de menteux en Acadie (FEW mentìri 6-1, 747b; v. aussi Fur 1690-1727, repris dans Trévoux jusqu'en 1752 : menteur «se dit aussi de ceux [...] qui racontent des histoires fabuleuses»). Enfin, le verbe mentir est attesté en ancien français au sens d'«inventer des histoires» (FEW mentìri 6-1, 742b); il est possible qu'il tienne ce sens du verbe latin lui-même, puisque, «[d]ans la poésie et en prose impériale, [le verbe latin mentìri] était également pris au sens d''imaginer, inventer (des fictions)'» (RobHist, s.v. mentir).

Étymon du FEW

mentiri
QU: 2942