Vedette

canadienne (n. f.)
[kanadjɛn]

Définition

Manteau d'hiver trois-quarts avec capuchon, traditionnellement fait de gros tissu de laine, qui se ferme devant au moyen de boutons en forme de fuseau qu'on glisse dans une bride de tissu ou de cuir.
Une canadienne en laine. Enfiler, mettre sa canadienne. Endosser, revêtir sa canadienne. Acheter une canadienne. S'envelopper, s'emmitoufler dans sa canadienne. Porter une vieille canadienne. Retirer, enlever sa canadienne. (Dans la langue de la publicité). Canadiennes pour hommes, pour femmes, pour dames. Canadiennes pour enfants. Canadiennes pour fillettes, pour garçons.
[État des données: avancé]
Citation(s) Référence(s)
L'hiver pesait toujours sur le lac et les collines. [...] Un matin du commencement d'avril, avant que l'aube ne parût, Nazaire fut réveillé par la lumière de la bougie. Ouvrant les yeux, il vit la maigre silhouette, l'ombre démesurée de Roméo qui remuait dans le clair-obscur. Il marmotta d'une voix ensommeillée : – Qu'est-ce que tu fais, Roméo, à c'te heure ? – Ben, tu vois, répondit Roméo, je me grée. [...] Je te dis que je vas à La Tuque. Et que tu peux grouiller les épaules, te balancer en soufflant dans tes joues, me chanter ce que tu voudras, je m'en f..., j'irai pareil. [/] Il enfilait sa canadienne, bouclait rageusement un pack-sack [...].
1941, M. Genevoix, Laframboise et Bellehumeur, p. 63-65.
[littérature]
Nounouche s'en allait rencontrer Luchie. Il faisait froid dehors, c'était décembre. Nounouche [...] enfila ses gants de mouton et cuir , releva le capuchon de sa canadienne et dansa quelques pas pour se dégourdir les pieds sur la neige battue. C'est pas drôle de geler, songea-t-il, on ne peut plus penser.
1969, M. Gagnon-Mahony, Les morts-vivants, p. 87.
[littérature]
L'hiver, alors qu'il fait sombre encore, je me coiffe d'un passe-montagne, j'enfile cinq ou six gilets de lainage sous ma vieille canadienne râpée, j'entortille mon cou dans un long foulard fléché, j'allume une vaste pipe qui chasse la noirceur en dessinant autour de ma tête une auréole de tabac incendié, je chausse mes skis et glisse et glisse [...] sur la surface du fleuve jusqu'à l'horizon.
1970, P. Châtillon, Le journal d'automne de Placide Mortel, p. 59.
[littérature]

Origine

Innovation sémantique français de référence

Historique

Depuis 1941. Emploi formé par extension du sens de canadienne en France, où le mot désigne une «longue veste imperméable en toile ou en peau, qui est ceinturée, croisée et doublée de fourrure» depuis la fin des années 1920 (v. FEW Canada 2, 168a; TLF, Robert 1985-2001).

Étymon du FEW

Canada

Avis et recommendation(s)

Dans les années soixante-dix et quatre-vingt, l'OLF a émis des réserves concernant l'emploi de canadienne, terme que l'organisme aurait voulu réserver à la veste portée par les Français (v. OLFHab); ce n'est que récemment que l'OLF a décidé d'enregistrer canadienne dans son acception québécoise (v. GDT 2004).

Français de référence

Remarque(s)
1. En France, ce type de manteau est couramment appelé duffel-coat (ou duffle-coat ; v. Robert 1985-2001), mot parfois employé également au Québec par les chroniqueurs de mode et les spécialistes du vêtement. 2. En France, le mot canadienne désigne plutôt une veste ceinturée et croisée, doublée de fourrure de mouton, pourvue d'un large col châle, et qui est le plus souvent faite de toile ou de cuir imperméabilisé (v. Étymologie/Historique).
Réalité propre
Emploi qui réfère à une réalité propre au pays ou à la région de la variété de français, ou qui en provient.
QU: 3102