Vedette

brumasser (v. impers.)
[bʀymase]

Définition

Vieilli Tomber (en parlant d'une petite pluie très fine); bruiner.
Il brumasse (un peu). Il commence à brumasser.
[État des données: avancé]

Variante(s) phonétique(s)

[bʀœmase] (anciennement)

Variante(s) graphique(s)

breumasser (parfois), bremasser (plus rarement)
Citation(s) Référence(s)
C'était le jour de la Toussaint et nous montions de Québec avec une cargaison de charbon, par une grande brise de nord-est. Nous avions dépassé le lac St-Pierre et sur les huit heures du soir nous nous trouvions à la tête du lac. Il faisait noir comme le loup et il brumassait même un peu, ce qui nous empêchait de bien distinguer le phare de l'île de Grâce.
1900, H. Beaugrand, La chasse-galerie, p. 42-43.
[littérature]
De ce temps icitte, à cause de la maladie, on s'ennuie comme des cannes par rapport qu'il pleut tous les jours [...]. C'est pourquoi, avant-hier, profitant qu'il brumassait pas trop, j'ai pris le bord de l'ouest avec ma femme.
1918, La Patrie, Montréal, 2 nov., p. 11 (chron. humor.).
[presse, journaux, périodiques]
Soir d'octobre. Il a venté de l'aube au soir. Et soudain voici que les feuillages se sont calmés. Le ciel de plomb pèse comme un couvercle sur le hameau. Le vent a sauté par-dessus les abatis. Maintenant il brumasse sur les terreaux dénudés.
1940, Cl. Marchand, Courriers des villages, p. 66.
[littérature]
Dehors, il mouillasse, en dedans, le café fume. On cause à voix basse. Six tables sont alignées le long des fenêtres. Quelques autres le long du mur. Des tables presque toutes occupées par des jeunes : âge moyen 19 ans et quart. Ils y ont vidé leur lourd sac à dos. À 14h30, au beau milieu de la semaine, ils étudient, sérieux comme des papes. [...] Dehors, il brumasse, en dedans, on se sent bien.
1999, Gh. Rheault, dans Le Soleil, 27 nov., p. A5.
[presse, journaux, périodiques]

Synonyme(s)

Origine

Maintien d'un sens parlers régionaux de France

Historique

Attesté en France depuis 1830, dans un exemple cité par Guérin, qui définit brumasser par «bruiner». Le mot, qui ne figure pas dans les usuels du français, est relevé dans les grands dictionnaires depuis Littré, d'abord comme terme de marine, au sens de «faire une brume, un peu de brume» (v. Larousse 1866-1987, Robert 1985-2001; v. aussi TLF, s.v. brumasse). Le sens de «bruiner, tomber une pluie fine» est enregistré dans des glossaires du Nord-Ouest et de l'Ouest de la France, plus précisément en Bretagne et en Saintonge (v. FEW brùma 1, 561b; v. aussi DoussTrav 155 et MussSaint). Compte tenu du fait que cet emploi est répandu dans tous les parlers français d'Amérique du Nord (v. par ex. Poirier, Mass no 72, DitchyLouis, CocoAv, HickmJeff), on peut présumer qu'il était déjà répandu à l'époque de la colonisation, comme bon nombre de termes de marine qui ont passé dans la langue courante.

Étymon du FEW

bruma

Français de référence

Remarque(s)
Le mot brumasser est relevé dans les grands dictionnaires français avec le sens voisin de «faire un peu de brume» (v. Étymologie/Historique).

Francophonie

Commentaire(s) intrazone
Cet emploi du mot brumasser est également répandu en Acadie (v. Poirier, Mass no 72) et en Louisiane (v. DitchyLouis, CocoAv, HickmJeff).
QU: 3354