Vedette

calotte (n. f.)

Définition

Coup sur la tête donné avec la main.
[État des données: avancé]
Citation(s) Référence(s)
Jojo était à mes yeux d'autant plus à plaindre que, pour ma part, depuis que j'habitais le bourg, m'man Tine ne me battait presque plus. De loin en loin, je recevais une ou deux calottes, parce que j'avais fait sauter des boutons à mes vêtements pour les jouer aux billes avec Raphaël qui me gagnait toujours (il gagnait presque tout le monde, lui), ou pour avoir chipé du sucre quand le goût m'en prenait.
1950, J. Zobel, La Rue Cases-Nègres, p. 158.
[littérature]
Il ne frappait pas avec une verge de bambou, il ne donnait pas des coups de règles dans la paume de la main, il ne décollait pas les oreilles. Il tapait avec ses mains. Il lançait des calottes!
1950, J. Zobel, La Rue Cases-Nègres, p. 181.
[littérature]
Oui, des calottes de ces mains-là devaient faire mal!
1950, J. Zobel, La Rue Cases-Nègres, p. 182.
[littérature]
Nous recevions déjà des calottes. J'en avais déjà goûté à l'occasion de l'accord des participes passés.
1950, J. Zobel, La Rue Cases-Nègres, p. 182.
[littérature]
Le maître le faisait réciter chaque leçon, l'interrogeait, visitait ses cahiers sans répit : et tout cela n'allait pas sans quelques calottes sur la nuque ou les oreilles.
1950, J. Zobel, La Rue Cases-Nègres, p. 182.
[littérature]
Et tout était régi par la crainte de ces calottes de M. Roc, et par le souci que M. Roc et nos parents nous inculquaient depuis la rentrée : celui de l'examen du Certificat d'études primaires.
1950, J. Zobel, La Rue Cases-Nègres, p. 183.
[littérature]
Nous avions toujours apprécié M. Roc, malgré les retentissantes calottes sur le crâne de Jojo, et ses soufflets qui nous faisaient tinter les oreilles.
1950, J. Zobel, La Rue Cases-Nègres, p. 205.
[littérature]
A Petit-Bourg, les maîtres vous obligent à apprendre vos leçons et à faire vos devoirs, sinon les calottes s'en mêlent. Mais dans ce lycée, on en fait aussi peu qu'on veut.
1950, J. Zobel, La Rue Cases-Nègres, p. 225.
[littérature]

Répartition

  • Haïti
  • Martinique
  • Guadeloupe
  • Guyane

Origine

Maintien d'un sens français populaire ou argotique

Historique

Régionalisme de fréquence. Bien que le mot apparaisse sans marque dans TLF et NPR 2007, il est beaucoup plus rare dans l'usage métropolitain que gifle (qui n'est attesté qu'une seule fois dans La Rue Cases-Nègres) ou baffe (qui n'y est pas attesté du tout), et ce n'est pas un hasard si Telchid 1997 l'inclut à la nomenclature. Sa fréquence remarquablement élevée est certainement soutenue par l'influence de son correspondant créole kalot, attesté en Louisiane, en Haïti, et dans les trois DOM. Les créoles de l'Océan Indien le connaissent aussi (v. DECOI I,1, 202b).

Bilan métalinguistique

«Les régionalismes dans La Rue Cases-Nègres (1950) de Joseph Zobel», dans A. THIBAULT (coord.), Richesses du français et géographie linguistique (vol. 2), Bruxelles : De Boeck / Duculot, 2008, pp. 246-247.

Français de référence

Mot particulier
Emploi particulier par son statut (registre d'emploi, domaine d'emploi, fréquence relative ou connotation).

Francophonie

Renvoi(s) aux autres zones francophones
Type lexical aussi connu en Louisiane ainsi que dans l'Océan Indien.
AN: 5261