Vedette

démarré (bain ~) (n. m.)

Définition

Bain qui libère des ensorcellements.
[État des données: avancé]

Variante(s) graphique(s)

bain-démarré
Citation(s) Référence(s)
Conseillèrent neuvaines, jeûnes, processions, voyages à Montréal et à Lourdes, pèlerinages, bains démarrés, etc.
1996, E. Pépin, Tambour-Babel, p. 124.
[littérature]
La ville dégourdissait ses membres et s'offrait un grand bain-démarré pour repartir d'un bon pied.
1992, E. Pépin, L'Homme-au-bâton, p. 106.
[littérature]
C'est là qu'on va prendre le bain 'démarré' dont le but avoué est de 'démarrer' ou détacher la déveine persistante.
1951, E. Revert, De quelques aspects du folklore martiniquais: la magie antillaise, p. 59.
[études scientifiques]
«'bain démarré' en créole 'bin démaré' qui est un bain pour détacher»
1951, Cahiers de l'Association internationale des études françaises, nº 55, p. 171.
[presse, journaux, périodiques]

Répartition

  • Guadeloupe
  • Martinique

Origine

Innovation lexématique, syntagmatique, phraséologique français des Antilles

Historique

Type lexical antillais qui existe dans les créoles de l'aire atlantique (créole guadeloupéen et martiniquais) et qui se rencontre chez E. Pépin sous les formes bain démarré ou bain-démarré. Le mot est composé de bain n. m. ''ablution'', nom appartenant au français de référence, et démarré, participe passé du vb. trans. démarrer ''désenvoûter'', attesté en créole martiniquais (v. Confiant 2007 s.v. démaré3). Les premières attestations du mot trouvées à l'aide de Google Recherche de Livres datent de 1951.

Étymon du FEW

*aenmarren

Bilan métalinguistique

Ø FEW 15/1 3b *aenmarren; «bain que l'on prend en fin d'année ou à d'autres moments pour se ''laver'' de la malveillance des forces occultes.» Telchid 1997 s.v. bain démarré; LetiAntilles 2000, 184; Vilayleck 1999, 116 s.v. ben démaré.

Français de référence

Réalité propre
Emploi qui réfère à une réalité propre au pays ou à la région de la variété de français, ou qui en provient.

Données encyclopédiques

Le bain démarré ou bain lustral a une fonction magique aux Antilles. Plus précisément, il sert à se débarrasser de ses ennuis et de tout ce qui est néfaste. «À minuit, on part de chez soi tout nu (ou vêtu de haillons) pour aller se baigner dans la mer, en emportant une queue de morue. Si l'on est en haillons, on les abandonne dans l'eau. On se passe la queue de morue sur les parties sexuelles, puis, en sortant de l'eau, on se rhabille avec des vêtements convenables et on rentre chez soi. Normalement, on prend ce bain en groupe. Il se pratique souvent sous une forme édulcorée, sans queue de morue, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier.» (Tourneux / Barbotin 1990 s.v. ben, s.v. ben démaré).
AN: 5296