Vedette

doudouisme (n. m.)

Définition

Tendance de la part de certains écrivains antillais à considérer et à traiter la culture antillaise non pas comme leur culture propre mais plutôt comme un produit exotique (terme d'histoire littéraire).
[État des données: avancé]
Citation(s) Référence(s)
Celle-ci, poussée par l'amour de l'antan, s'était spécialisée dans l'exploitation du folklore, afin de donner aux préfets, aux hôtels, aux navires en arrivance ou en partance, aux présidents et ministres de passage leur contentement de doudouisme et de douceur des îles.
1996, E. Pépin, Tambour-Babel, p. 156.
[littérature]
Il nous faut écrire pour exalter les qualités de notre peuple, pour résister à l'agression culturelle, pour dénoncer et détruire les idées néfastes propagées par les ennemis de notre peuple et leurs valets de bouche et de plume, pour lutter contre l'exotisme touristique, le doudouisme pleurnichard, le défaitisme petit-bourgeois, la «macaquerie», le «jagotisme», l'intellectualisme prétentieux, le superficiel et le clinquant...
1973, S. Rupaire, Cette igname brisée qu'est ma terre natale, p. 11.
[littérature]

Répartition

  • Guadeloupe
  • Martinique

Origine

Innovation lexématique, syntagmatique, phraséologique français des Antilles

Historique

Mot formé par dérivation à partir de doudou n. m. ou f., et du suff. -isme qui exprime une attitude. 1re attestation: 1973.

Bilan métalinguistique

Telchid 1997 s.v. doudouisme.

Français de référence

Réalité propre
Emploi qui réfère à une réalité propre au pays ou à la région de la variété de français, ou qui en provient.

Données encyclopédiques

«C'est ainsi qu'en littérature, le doudouisme a donné ce qu'on peut appeler un 'exotisme de l'intérieur', lorsque les poètes et romanciers antillais ont chaussé, pour décrire leur pays et leurs congénères, les mêmes lunettes que les voyageurs européens. Au point de s'extasier sur leur paysage comme s'ils ne faisaient pas partie de leur environnement naturel, banal, au point surtout de donner de leurs peuples une image insignifiante, de leur langue, le créole, une idée caricaturale (le charmant babil chantant des doudous) et de leur culture un aperçu d'une affligeante vacuité.» (Désormeaux3 1992 s.v. doudouisme).
AN: 5305