Vedette

beurrer ou beurrer (se ~) (v. trans. ou v. pron.)
[(sə)bœʀe]

Définition

(Par extension, du sens 01.). Fam. Enduire (son corps, une partie de son corps) d'une substance grasse ou huileuse destinée à protéger, à guérir.
Beurrer son visage, ses jambes avec de la crème. Se beurrer de crème solaire, de lotion pour le corps.
[État des données: avancé]

Variante(s) phonétique(s)

[(sə)bøʀe] (pop.)
Citation(s) Référence(s)
Mon teint était celui d'une vieille savate de cuir [ ... ]. Mes globules étaient devenus carrés, mes alvéoles étaient bouchés et la racine de mes poils follets était morte. Un jour que j'étais au théâtre, [ ... ] je trouvai sur un banc voisin une boîte du fameux onguent Putipura. Comme j'ai pour devise que rien ne doit se perdre en ce monde, je me beurrai d'onguent le soir même, en arrivant chez moi. Ce fut mon salut.
1932, Le Goglu, Montréal, 1er janvier, p. 4.
[presse, journaux, périodiques]
On pleumait d'la pruche, dans les mouches. Y en avait des mouches. Pis du stuff à mouches on n'avait pas dans c'temps-là. On prenait du goudron à couverture pis on mettait du saindoux là-dedans là pour adoucir ça, pis on s'beurrait avec ça pour les mouches.
1973, Duhamel (Papineau), dans R. Soucy et M. Villemure, Récits de forestiers, 1976, p. 184-185.
[enquêtes]

Synonyme(s)

graisser (sens 02. et 03.)

Origine

Maintien d'un sens parlers régionaux de France

Historique

Depuis 1905 (FSPFC). Extension du sens 01., également attestée dans les parlers de France; cp. beurrer au sens large d'«étendre qqch. de mou sur une surface quelconque» en Bretagne romane (v. FEW bùtyrum 1, 664b) et celui, plus particulier, d'«étendre et faire adhérer une matière poisseuse», par exemple dans beurrer de l'onguent sus la patte, en angevin (dans VerrAnj).

Étymon du FEW

butyrum